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Pourquoi votre armoire à pharmacie est plus dangereuse que le vaccin (et pourquoi vous vous en fichez complètement)

Imaginez la scène : vous avez mal au crâne. Vous ouvrez le placard, attrapez une boîte d’anti-inflammatoires, faites sauter le cachet et l’avalez avec une gorgée d’eau. Avez-vous lu la notice ? Avez-vous vérifié les risques d’hémorragie digestive ou d’insuffisance rénale sur Twitter ? Non. Pourtant, cinq ans plus tôt, vous avez peut-être passé des nuits blanches à éplucher les rapports sur les effets secondaires du vaccin COVID.

​En 2026, avec le recul, ce paradoxe est fascinant. Pourquoi sommes-nous des cowboys face à l’ibuprofène et des experts-comptables anxieux face à un vaccin ? Ce n’est pas une question d’intelligence. C’est une question de câblage. Notre cerveau nous joue des tours, et voici comment.

​Le syndrome de « L’ami toxique » vs « L’inconnu parfait »

​Prendre un médicament classique (aspirine, pilule contraceptive, paracétamol), c’est comme dîner avec un vieux pote qui boit un peu trop. On connaît ses défauts. On sait que l’aspirine peut trouer l’estomac, on sait que la pilule a des risques thrombotiques documentés. Mais ce sont des risques familiers. Ils font partie des meubles. On les a domestiqués.

​Le vaccin COVID (surtout à ses débuts), c’était l’inconnu qui sonne à la porte à 22h. Même s’il vient livrer une pizza (la protection), notre instinct de survie hurle : « Danger ! Qui est-ce ? Que veut-il ? ». En psychologie, la nouveauté est toujours suspecte. Nous tolérons un danger familier bien plus élevé qu’un risque nouveau minuscule. Si l’aspirine sortait aujourd’hui, avec sa liste d’effets secondaires, elle ne passerait probablement jamais les barrières de l’opinion publique.

​La dictature du « Je vais bien »

​C’est la différence fondamentale entre le curatif et le préventif.

Quand vous prenez un médicament, vous avez mal. Vous souffrez. Le risque de l’effet secondaire est le prix à payer pour que la douleur s’arrête. Le « deal » est clair.

​Avec le vaccin, vous alliez bien. Vous étiez en pleine forme. L’injection n’est pas venue soulager une souffrance, elle est venue perturber un état de santé stable pour une promesse future. Et ça, le cerveau humain le déteste.

Si vous avez 39°C de fièvre après le vaccin, vous vous dites : « On m’a rendu malade ». C’est vécu comme une agression. Si vous faites une allergie à un antibiotique alors que vous aviez une infection, vous vous dites : « Pas de chance ». La nuance est immense.

​L’illusion du contrôle (Le vrai coupable)

​Au fond, ce qui nous a rendus fous, ce n’est pas la molécule, c’est la perte de contrôle.

Avaler un cachet est un acte intime, privé, choisi. On est le maître à bord. La vaccination de masse, avec ses incitations fortes (ou obligations déguisées via le Pass à l’époque), a été vécue comme une contrainte extérieure.

​Or, psychologiquement, un risque subi est perçu comme 1000 fois plus grave qu’un risque choisi.

Si vous décidez de faire du saut en parachute, vous acceptez le risque de mort. Si quelqu’un vous pousse d’un avion avec le même parachute, vous vivrez cela comme une tentative de meurtre, même si les statistiques de sécurité sont identiques.

​Conclusion ? Soyez aussi exigeants avec votre paracétamol

​L’objectif n’est pas de dire que le vaccin était de l’eau bénite sans risque. Aucun produit actif ne l’est. L’objectif est de réaliser que notre tolérance au risque est à géométrie variable.

Nous sommes d’une indulgence coupable avec les « vieux médicaments » de notre armoire à pharmacie, et d’une sévérité implacable avec les nouveaux venus.

​En 2026, la prochaine fois que vous avalerez un comprimé sans lire la notice, demandez-vous : « Pourquoi est-ce que je fais confiance à celui-là ? ». La réponse n’est pas scientifique. Elle est juste humaine.

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