Le « High » au Paracétamol existe-t-il ? La vérité sur un défi dangereux

L’illusion mortelle : Pourquoi le « Challenge Paracétamol » n’a rien d’un jeu

​Depuis quelques semaines, une tendance particulièrement alarmante sature les urgences pédiatriques en France et en Belgique : le « Challenge Paracétamol ». Sous couvert de défi viral, cette pratique pousse des adolescents à ingérer des doses massives de médicaments (Doliprane, Dafalgan) pour provoquer un malaise ou, plus absurde encore, pour tenter d’atteindre un état d’euphorie qui, scientifiquement, n’existe pas.

​Voici ce qu’il faut savoir pour comprendre l’urgence de la situation et déconstruire les mythes qui circulent sur les réseaux sociaux.

​Le mécanisme d’un poison silencieux

​Contrairement à d’autres substances, le paracétamol est un « faux ami ». Parce qu’il est présent dans chaque armoire à pharmacie, son image de produit banal occulte sa dangerosité extrême en cas de surdosage.

  • ​L’absence de « High » : Il est crucial de marteler cette vérité : le paracétamol n’a aucune propriété psychotrope. Il ne fait pas « planer ». Ceux qui prétendent le contraire sur TikTok ou Snapchat mentent ou confondent les effets secondaires de la douleur avec une quelconque ivresse.
  • ​La phase de latence : C’est le piège le plus cruel. Après l’ingestion d’une dose toxique (souvent au-delà de 8 à 10 grammes), le patient peut se sentir relativement bien pendant les 12 à 24 premières heures. Des nausées ou une fatigue légère sont les seuls signaux. Pourtant, à l’intérieur, le foie commence déjà à s’autodétruire.

​L’Hépatite Fulminante : Quand le foie s’arrête

​Le foie est l’usine chimique de notre corps. Lorsqu’il est submergé par une dose massive de paracétamol, il produit un métabolite hautement toxique qu’il n’arrive plus à éliminer.

  1. ​Destruction cellulaire : Les cellules hépatiques meurent en masse. C’est ce qu’on appelle l’hépatite fulminante.
  2. ​L’insuffisance hépatique : Le sang ne coagule plus, les toxines s’accumulent dans le cerveau (encéphalopathie), et les organes lâchent un à un.
  3. ​L’issue finale : À ce stade, la médecine est souvent impuissante. La seule chance de survie réside parfois dans une greffe de foie en urgence absolue. Sans cela, l’issue est fatale en quelques jours.
  4. ​N’attendez pas l’apparition des symptômes.
  5. ​Appelez immédiatement le 15 (France), le 144 (Suisse) ou le 112 (Belgique).
  6. ​Précisez l’heure de l’ingestion et la quantité supposée.

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