La kinésiologie pour nourrissons fonctionne-t-elle vraiment ?
Face aux pleurs incessants d’un nouveau-né et à l’épuisement parental, de nouvelles offres de « soins » émergent sur les réseaux sociaux. La promesse de la kinésiologie périnatale ? Interroger le corps du bébé pour comprendre ses maux. Mais derrière les discours apaisants, la réalité scientifique est tout autre.
Le concept : Faire parler le corps par « transfert »
La kinésiologie repose sur le test musculaire. Le praticien exerce une pression sur le bras du patient : si le muscle « lâche », cela indiquerait un stress ou un blocage énergétique.
Problème majeur avec les nourrissons : ils ne peuvent pas répondre au test. Les praticiens utilisent alors le parent comme « substitut » ou « antenne ». En touchant le bébé d’une main et en testant le bras du parent de l’autre, ils prétendent capter les émotions ou les douleurs du nourrisson.
Pourquoi ce n’est qu’une illusion : L’effet idéomoteur
La science est formelle : ce que le kinésiologue interprète comme une réponse du corps est en réalité un phénomène psychologique appelé l’effet idéomoteur.
- Ce sont des micro-mouvements musculaires inconscients générés par les attentes du praticien ou du parent.
- En clair, on ne teste pas le bébé, on teste involontairement les croyances de l’adulte.
- Verdict : Le transfert énergétique n’a aucune base biologique ou physique prouvée.
Les dangers cachés : Bien plus qu’une méthode « douce »
Si la pratique semble inoffensive car non invasive, elle comporte des risques de santé publique majeurs :
- Le retard de diagnostic médical : Un bébé qui pleure peut souffrir d’un reflux gastro-œsophagien (RGO), d’une infection ou d’une allergie. Chercher une cause « émotionnelle » ou « transgénérationnelle » retarde une prise en charge pédiatrique vitale.
- La culpabilisation parentale : En affirmant que le nourrisson « éponge » les blocages de ses parents, la kinésiologie fait peser la responsabilité de la souffrance de l’enfant sur les épaules des parents, déjà vulnérables.
- L’emprise financière : La multiplication des séances pour « nettoyer les mémoires » crée une dépendance coûteuse.
VERDICT : FAUX ❌
La kinésiologie pour nourrissons ne fonctionne pas. Elle ne repose sur aucun fondement anatomique ou physiologique. Elle est classée comme une pratique à risque de dérives sectaires par les autorités de vigilance (MIVILUDES).
Le conseil de veille : Si votre bébé présente des troubles du sommeil ou des pleurs persistants, votre interlocuteur unique doit rester un professionnel de santé (pédiatre, médecin généraliste ou sage-femme).
Source :
- Rapport de l’INSERM (Évaluation de la kinésiologie) et Guide de vigilance Santé de la MIVILUDES (Mis à jour début 2026 sur les dérives périnatales).
- Date du résultat : 22 janvier 2026.