Le vaccin HPV ne rend pas stérile (INSERM)
C’est une petite musique qui revient régulièrement sur les réseaux sociaux, inquiétant parents et adolescents : le vaccin contre les papillomavirus (HPV) rendrait-il stérile ? La réponse scientifique est claire, rassurante et définitive : non.
Pire encore, cette rumeur masque une réalité médicale importante : c’est le virus lui-même, et non le vaccin, qui menace la capacité future à avoir des enfants. Décryptage.
1. Ce que disent les chiffres (et ils sont rassurants)
Depuis l’introduction de la vaccination, des millions de doses ont été administrées à travers le monde. Les autorités sanitaires, dont l’Inserm en France et la Collaboration Cochrane (référence mondiale de la preuve médicale), ont passé au crible les données de fertilité des personnes vaccinées.
Le verdict ? Aucune différence. Les jeunes filles vaccinées n’ont pas plus de difficultés à tomber enceintes que les autres. Aucune augmentation des cas d’insuffisance ovarienne précoce n’a été observée.
Une étude comparative citée par l’Inserm montre même une statistique frappante : chez des couples essayant de concevoir, le taux de fausses couches était nettement plus élevé dans le groupe non vacciné (donc exposé au virus) que dans le groupe vacciné.
2. Le vrai danger pour la fertilité : l’infection HPV
Le paradoxe de cette peur du vaccin, c’est qu’elle éloigne les adolescents de la seule protection efficace contre les vrais risques biologiques.
- Chez les hommes : On l’oublie souvent, mais le HPV infecte aussi les hommes. Le virus peut se fixer sur les spermatozoïdes, réduire leur mobilité et endommager leur ADN. Conséquence : une baisse de la fertilité masculine et un risque accru de fausses couches pour la partenaire.
- Chez les femmes : Le HPV est responsable de lésions précancéreuses du col de l’utérus. Pour soigner ces lésions, les médecins doivent parfois pratiquer une « conisation » (retirer une partie du col). Cette intervention, bien que vitale, peut fragiliser le col et augmenter le risque d’accouchements très prématurés lors de futures grossesses.
En résumé
Refuser le vaccin par peur de la stérilité est un contresens médical. En empêchant l’infection, la vaccination évite les traitements chirurgicaux invasifs et protège la qualité du sperme. Loin de la menacer, le vaccin préserve la fertilité future.
Sources
Sources utilisées :
- Inserm (Canal Détox) : « Le vaccin contre les papillomavirus humains (HPV) a-t-il un effet sur la fertilité ? »
- Institut National du Cancer (INCa) : Données de sécurité sur la vaccination HPV.
- Collaboration Cochrane : Méta-analyses sur la sécurité des vaccins HPV.