Ozempic : Mirages et dangers de la « piqûre minceur » qui affame le monde
C’est le mot le plus prononcé à Hollywood et sur TikTok depuis deux ans. L’Ozempic, un médicament injectable conçu pour les diabétiques, est devenu l’accessoire de mode ultime pour perdre du poids sans effort. Mais derrière les photos avant/après spectaculaires se cache une crise sanitaire et éthique mondiale.
Qu’est-ce qui transforme une avancée médicale majeure en scandale de société ?
1. Le braquage des pharmacies
À l’origine, l’Ozempic (sémaglutide) est une bouée de sauvetage pour les diabétiques de type 2. Il imite une hormone intestinale (GLP-1) pour réguler la glycémie et, par effet secondaire, coupe l’appétit de manière drastique.
Le scandale a éclaté lorsque l’usage a été détourné. Prescrit « hors autorisation de mise sur le marché » (hors AMM) à des personnes en bonne santé cherchant simplement à perdre quelques kilos « esthétiques », le médicament a été victime de son succès viral.
Conséquence directe : Une pénurie mondiale. Des millions de diabétiques, dont la santé dépend de ce traitement, se retrouvent face à des rayons vides, le stock ayant été absorbé par la « fureur de la minceur ».
2. Le corps ne se laisse pas tromper impunément
L’Ozempic n’est pas une « gomme magique », c’est un traitement hormonal puissant. La perte de poids rapide se paie au prix fort biologiquement.
- La « Gastroparésie » : Des plaintes s’accumulent concernant des cas de paralysie de l’estomac. La digestion s’arrête, provoquant vomissements cycliques et douleurs intenses.
- L’effet « Ozempic Face » : La fonte des graisses est si brutale que la peau du visage n’a pas le temps de se rétracter. Le visage se creuse, donnant un aspect vieilli et émacié caractéristique.
- Risques à long terme : La notice du médicament mentionne des risques potentiels de pancréatite et, selon des études sur les rongeurs, de tumeurs de la thyroïde.
3. Le piège de l’abonnement à vie
C’est la réalité que les influenceurs omettent souvent : l’Ozempic ne guérit pas l’obésité, il la suspend.
Les essais cliniques montrent qu’à l’arrêt du traitement, la majorité des patients reprennent les deux tiers du poids perdu en moins d’un an. L’appétit, longtemps reprimé chimiquement, revient souvent avec plus de vigueur.
Pour rester mince, le patient doit donc s’injecter (et payer) à vie. Une rente financière colossale pour le laboratoire Novo Nordisk, devenue la première capitalisation boursière d’Europe, mais une dépendance lourde pour l’usager.
Conclusion
L’Ozempic est une révolution médicale indéniable pour traiter l’obésité morbide et le diabète. Le scandale réside dans sa banalisation. En transformant un médicament vital en produit de confort esthétique, la société a créé une médecine à deux vitesses où l’apparence des uns menace la santé des autres.